Madagascar: Leadership au feminin dans la gouvernance locale

Une faible participation des femmes

La stratégie de développement de Madagascar est basée sur
la Décentralisation. Ainsi, les communes, en tant que
gouvernement local, jouent un rôle prépondérant pour la
mise en œuvre de toute politique de développement de proximité.
Les communes étant la base de tout développement en faveur des
citoyens, la participation des femmes à la vie politique au niveau
local devrait être constatée davantage afin de redynamiser cette
politique de développement de proximité. Mais à Madagascar,
cette participation des femmes à la vie politique au niveau local
est encore très faible, soit 4,2% seulement dans tout le pays. Dans
les zones d’intervention de ProDéCID-Giz, il n’existe que 17
femmes maires sur 137 dans la région Analamanga, et 1 femme
sur 66 maires hommes dans la région Diana. Pour causes, si la
participation des femmes à la vie politique est mieux acceptée en
milieu urbain, ce n’est pas vraiment le cas dans les zones rurales, en
général. De ce fait, malgré l’existence de l’égalité des chances des
candidat(e)s aux élections, la démotivation de la gente féminine se
constate davantage. Bon nombre de femmes pensent que la mérite
d’être considérée comme étant un bon leader au niveau local ne
leur appartient guère.
En matière de la gouvernance locale sensible au genre, cela fait
partie des défis de ProDéCID-Giz d’améliorer la considération
des femmes dans le domaine du leadership au niveau local que
ce soit envers elles-mêmes qu’envers les citoyens. En gros, il s’agit
en quelques sortes de démontrer qu’une femme a les capacités
nécessaires pour bien gérer une commune.

Un accompagnement de proximité et ciblé

Dans le processus de changement de
comportement et de paradigme, les citoyens
ont besoin de constater par eux-mêmes qu’une
femme peut vraiment être un bon leader. Ce
qui a conduit le ProDéCID-Giz à adopter une
approche à deux niveaux : un renforcement
de capacité fait via l’association des femmes
maires pour la région Analamanga étant donné
qu’elles sont plus nombreuses ; et un coaching
individuel de la mairesse dans la région Diana
pour le même thème.
Pour le Projet, l’objectif étant de montrer des
exemples de femmes bons leaders aux citoyens
afin d’en faciliter l’acceptation des femmes en
tant que dirigeantes reconnues au niveau local.
Pour cela, les femmes maires appuyées par
ProDéCID-Giz ont pu bénéficier de plusieurs
activités de renforcement de capacité sous
forme de coaching ou de formation sur le
Leadership local, le Management et Gestion
d’équipe, la Gestion des Finances locales,
le Développement économique locale, la
Mobilisation d’acteurs locaux et Externalisation
des services communaux, etc.

Un système de planification et de suivi intégré et sensible au genre

Dès la planification opérationnelle du
Projet, la question a été déjà d’identifier
les communes dirigées par les femmes,
afin de faciliter cette démonstration
de l’efficacité de la gente féminine au
pouvoir. En outre, dans chacune des
activités du Projet et de ses composantes
au niveau des communes, il est question de
définir dans quelle mesure la valorisation
du genre est-il possible ?
Par ailleurs, la collaboration de
ProDéCID-Giz avec le Gender Links (un
réseau internationalement reconnu dans la promotion du Genre) est devenue comme une force pour le
Projet, le permettant de bien discerner les approches visant à promouvoir le Genre.
Pour en finir avec cette stratégie, des points focaux genre et monitoring ont été mis en place au niveau
de chacune des composantes du Projet afin de s’assurer que la politique relative au respect de Genre
soit respectée, à tous les niveaux.

Des résultats et impacts concrets à tous les niveaux

Il y a eu des changements positifs à tous les
niveaux, à l’issue de cette promotion du Genre
dans la gouvernance locale menée par ProDéCID
– GIZ
• Une nette amélioration de la gouvernance
locale a été constatée au niveau des
communes dirigées par les femmes dans les
zones d’intervention du Projet. En effet, une
étude réalisée par le Ministère en charge de
la décentralisation au niveau des collectivités
territoriales décentralisées a montré que
ce sont les communes rurales d’Anosizato
Andrefana de la région Analamanga et
d’Antanamitarana de la région Diana,
toutes les deux dirigées par des femmes, qui
détiennent la meilleure note IGL (Indice de
Gouvernance Locale) à Madagascar, avec des
taux respectifs de 8,02/10 et de 6,14/10.

Il a été également constaté que dans ces
communes dirigées par les femmes, les mairesses
ont su développer de nombreuses activités
génératrices de revenus (AGR) en faveur des
femmes vulnérables. A titre d’exemple, dans la
commune d’Antanamitarana, Madame le maire
a fourni un appui conséquent à une association
locale des femmes pour la production de linges
« made in Madagascar ». Aussi, en matière de
services de base, la mairesse de la commune
d’Anosizato Andrefana a délégué la gestion
de l’eau potable à une autre association de
femmes. Ce qui signifie : la femme maire n’est
pas la seule bénéficiaire de l’appui significatif
du Projet dans son territoire. Elle a su mettre
en pratique la formation sur la mobilisation
d’acteurs locaux dont elle a bénéficié.

Changement de comportement des acteurs
locaux : Exemple concret, la mairesse de la
commune rurale de Manjakandriana, l’une
des communes d’intervention du Projet, a su
se faire respecter à travers son discours sur la
sensibilisation des citoyens pour s’acquitter
de leurs devoirs fiscaux. Peu de temps après
cette allocution, une ruée vers les points de
collecte d’impôts a été constatée. Ce qui
démontre à quel point les populations locales
respectent leur leader.Autre changement constaté, c’est la
reconnaissance des femmes maires par le
pouvoir public. A titre d’exemples : C’était
une femme maire (maire de Bongatsara)
qui fut la porte-parole des représentants
des CTD lors de la réunion des maires qui
s’est tenue récemment à Antananarivo, la
capitale de Madagascar. Et lors du Colloque
international sur les Finances locales dans les
pays d’Afrique francophone subsaharienne,
ce fut la mairesse de la commune rurale
d’Anosizato Andrefana qui a représenté tous
les participants à l’évènement, en tant que
porte-parole.

Bref, les 18 maires femmes élues de Madagascar appuyées par ProDéCID – Giz vont être les témoins vivants des
capacités d’une femme à être un bon leader au niveau local. Le Projet, en collaboration avec l’association des femmes
maires ainsi que Gender Links vont s’ateler à la sensibilisation des citoyens en général, et des femmes en particulier,
pour le leadership au féminin, en se basant sur les expériences réussies de ces 18 mairesses.

 

 

Présenté par :
> Faly Hery RASOANAIVO,
> Arnaud RAZAFINIARIVO
Quelques membres de l’Association des femmes maires dans la région Analamanga, appuyée par ProDéCID-GIZ.
Projet de Développement Communal
Inclusif et de Décentralisation
Giz – Madagascar