Chad: Groupements de gestion a la convention locale autour des valees amenagees.pdf

1. Contexte et objectifs
Le « Programme de gestion des eaux de ruissellement dans le Tchad sahélien », mis en oeuvre par la GIZ-International Services, la DDC souhaite contribuer à l’amélioration de la production agropastorale des zones sahéliennes par le biais, notamment, de la construction de seuils d’épandage.
Il est important de souligner que la sécheresse n’est pas toujours liée à une faible pluviométrie : 20 à 40 % des précipitations sont perdues par ruissellement, ce qui se traduit par une sécheresse, au sens agricole du terme, et une érosion massive du sol.
Grâce à la construction de seuils d’épandage, les eaux de ruissellement sont récupérées, et les sols sont donc régulièrement inondés et alimentés en eau et en sédiments. Cela augmente la surface agricole exploitable et les rendements des cultures de la saison des pluies, qui servent à l’alimentation de base. L’inondation plus fréquente des sols accroît l’infiltration. Par conséquent, le niveau des nappes phréatiques progresse nettement dans la plupart des vallées et permet l’exploitation en dehors de la saison des pluies (cultures de décrue et irriguées).
Le Programme a pour objectif : « La sécurité alimentaire des populations vivant dans les périmètres des seuils dans les régions du Wadi Fira, de l’Ennedi et du Batha est améliorée et la dégradation des bas-fonds y est inversée » et s’inscrit dans une perspective de neuf ans (3 phases de 3 ans chacune), avec des propositions d’interventions en plusieurs phases. La première phase du Programme, démarrée en août 2012, prendra fin en août 2015. Une nouvelle phase de trois ans va suivre.
Le Programme est mis en oeuvre par une approche intégrée d’activités techniques et socio-économiques, en étroite coopération avec des partenaires publics et privés (autorités locales, ONG locales, Comités d’Entretien, GIE, Bureaux d’études, entreprises de construction, etc.) aux niveaux micro, méso et macro. La combinaison de seuils dans le bas-fond, de mesures d’infiltration et de lutte contre l’érosion dans le bassin versant est importante à court et moyen termes, afin d’assurer la durabilité des interventions.
Les principaux changements attendus sont :
1) Les nappes phréatiques sont rechargées, la production agricole et pastorale dans les bas-fonds s’accroît et la population environnante améliore ses revenus ;
2) Les populations et les autorités locales sont capables d’entretenir durablement les seuils d’épandage et de planifier et de réaliser des mesures additionnelles d’aménagement contre l’érosion des versants ;

Fiche technique : seuil d’épandage
Les seuils d’épandage sont des ouvrages qui s’étirent sur toute la largeur de la vallée. Ils
se composent d’un déversoir dans le lit véritable (lit mineur)
de la rivière et d’ailes et de contreforts latéraux (lit majeur).
Les crues sont réparties sur les surfaces latérales en amont
de l’ouvrage pour inonder les ailes latérales et être reversées
lentement dans la direction du lit du fleuve en aval de
l’ouvrage. Les surfaces placées en aval du seuil d’épandage
sont alors inondées. La répartition latérale de l’eau permet
ainsi d’inonder des surfaces en amont et en aval et de les
alimenter en sédiments. L’eau s’infiltre, les ravins d’érosion
dans la vallée sont comblés et le lit de la rivière est rehaussé.
L’infiltration permet également de faire remonter le niveau de
la nappe phréatique en quelques années.
Les seuils d’épandage permettent la réhabilitation des vallées dégradées et l’augmentation
et valorisation des surfaces cultivables , y inclus dans les zones de faible pluviométrie, comme au
Tchad. Ils constituent donc un moyen efficace de mettre en place une gestion des ressources
naturelles durable.

2. Stratégies socio-économiques du Programme
Pour atteindre ses objectifs socio-économiques trois axes de stratégie sont definisà savoir :
 La sensibilisation des populations sur les avantages des seuils et sur l’importance d’une
gestion durable des ressources naturelles
 La mise en place et l’accompagnement des groupements de gestion des ouvrages (GGO)
 La mise en place des conventions locales dans un processus inclusif et participatif
Une démarche forte de communication/sensibilisation est mise en place auprès des
populations des régions d’intervention en amont de la conception des seuils, afin de s’assurer de
leur implication future dans la gestion adéquate des ouvrages mais également en vue de
déclencher des processus d’élaboration de schémas directeurs d’aménagement des vallées.
2.1 Mise en place des GGO
La gestion des ouvrages, c’est l’utilisation rationnelle et l’entretien quotidien des ouvrages qui sont
les seuils d’épandage. Ces ouvrages méritent une protection particulière pour leurs pérennisations.
Sur ce, il faut nécessairement un ensemble des règles qui éviteront toutes sortes de conflits et leur
destruction. Dans chaque vallées aménagées par le Programme un GGO est mis sur pied composé
d’hommes et de femmes qui veuillent à l’entretien durable des seuils, planifient et réalisent des
mesures additionnelles d’aménagements conte l’érosion es versants.

 

2.2 La convention locale
Une Convention Locale est un ensemble de règles locales écrites et surtout issues des
discussions, des réflexions et des concertations entre les différents villages (beneficiaires) de ces
même ouvrages/Ressources naturelles. Elle consiste à orienter et à amener les utilisateurs a bien
gérer, entretenir et prévenir les conflits. Ces ouvrages permettront aux exploitants d’avoir une
récolte de qualité et favoriseront les conditions de vie de leurs bétails en termes de pâturages.
Pour la rendre officielle, elle doit être signée par les utilisateurs des ouvrages, les autorités
traditionnelles et administratives et les représentants des services techniques déconcentrés.
2.2.1 But de la Convention Locale
Le but de la Convention Locale est de maintenir, de préserver et de gérer rationnellement et
durablement les ouvrages, et favoriser la cohabitation pacifique entre les exploitants.
2.2.2 Objectifs de la convention locale
 Maintenir de façon pérenne les ouvrages ;
 Favoriser l’exploitation rationnelle des ouvrages par les communautés issue du terroir ;
 Créer un cadre formel de concertation périodique en vue de l’instauration de la cohésion
sociale favorable à la gestion durable des ouvrages ;
 la cohabitation pacifique des exploitants ;
 Renforcer les capacités des communautés locales et les responsabiliser dans la gestion des
ouvrages de leur terroir ;
 Prévenir et gérer les conflits potentiels liés à l’exploitation des ouvrages.
2.2.2.1 Préalables
 Sensibilisation de la communauté sur l’importance et l’utilité des seuils d’épandages ;
 Besoin de population d’appui à l’élaboration d’un règlement intérieure, d’un statut et d’une
convention locale.
2.2.2.2 Préparation de l’élaboration de la convention locale
Des rencontres d’informations et de sensibilisations avec les personnes influentes de la zone sont
organisées, ensuite furent les sensibilisations des masses dans l’optique de les conscientiser dans
la gestion rationnelle et durable des ouvrages, et préparer l’esprit à la participation communautaire
dans les processus d’élaboration de la convention.
Après les séances des sensibilisations et d’information furent le tour des rencontres avec les
exploitants et exploitantes sur l’importance, l’utilité et la gestion rationnelle et durable des ouvrages.
Sur ce, les discussions autour des règles de la convention locale sont notamment entamées. Tous
les villages concernés ont apporté activement leurs contributions à travers les séances des
réflexions et de discussions organisées autour des règles de la convention locale. Deux
assemblées générales d’approbation impliquent les bénéficiaires de tous les villages sont tenues
pour amender à l’unanimité les travaux réalisés durant les séries de rencontres de discussions et
réflexions organisées à cet effet.
Cinq (05) importantes rencontres de masses sont tenues et s’articulent notamment autour de
règles de la convention locale. Ces rencontres de discussions ont permis d’élaborer les règles de
la convention locale dans es valées amengées. Pour prendre en compte ces règles, trois (03)
assemblées générales d’analyses d’amendements et d’approbations ont eu lieu. Au total 30.463
participants, dont 15.263 femmes et 15.200 hommes ont participé activement à l’élaboration des
règles pour la gestion du seuil d’épandage dans 28 vallées aménagées.

4. Facteurs de réussite
Les trois principaux facteurs de succès dans cette stratégie sont :
1- La collaboration et le respect de la dignité ;
2- La communication et sensibilisation ;
3- Le travail en équipe.


Rédigés par :
Prosper YOKABDJIM : prosper.yokabdjim@giz.de
Alice ROUMBA TCHIGWE : alice.roumba@giz.de

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