Algeria: Projet H’lib Dzair

Projet H’lib Dzair
Ensemble pour renforcer et professionnaliser le métier de l’élevage en Algérie

Background du projet
Avant de présenter l’apport du projet H’lib Dzair dans le cadre de l’égalité des chances entre les
femmes et les hommes, nous avons jugé opportun de présenter brièvement la genèse du projet.
L’Algérie est un pays qui importe plus de la moitié de ses besoins en lait. L’élevage, au niveau
des exploitations laitières, est peu productif : plus de 80% des exploitations agricoles sont des
fermes de subsistance, avec moins de 10 vaches ; les connaissances et compétences des
éleveurs concernant la gestion de l’élevage en général sont insuffisantes, doublé par le nonrespect de la chaine de froid lors de la collecte du lait ce qui induit l’insuffisance en terme de
qualité engendrant des pertes considérables.

Dans ce contexte, le projet « H’lib Dzair » a été initié par Danone Algérie à travers le fonds
Ecosystème du groupe en coopération avec GIZ International Services, dans un objectif de
soutenir le modèle de l’élevage familial (fermes familiales disposant de moins de 15 vaches) pour
une production laitière améliorée en termes de qualité, de quantité, de compétitivité et de
durabilité.

Le fonds Ecosystème est destiné principalement à renforcer et à développer les activités des
partenaires qui composent l’écosystème de Danone, il encourage l’invention de nouveaux
modèles de croissance. Vivier d’innovation économique et sociale, le Fonds soutient dans le
monde entier la création d’emplois, le développement de compétences, l’accès à la microentreprise et l’autonomisation des femmes, pour les acteurs de la chaîne de valeur de Danone,
de l’amont à l’aval.

L’ensemble des projets mis en place dans les différents pays ont été initiés dans un principe de
co-création avec des organisations à but non lucratif qui partagent et promulguent les mêmes
principes, d’où le choix de la GIZ comme partenaire pour la mise en œuvre du projet en Algérie.
La GIZ a été sélectionnée pour son expérience dans la gestion des projets de développement
durable et pour son mode opératoire et d’évaluation du projet qui répond à toutes les attentes
des projets Ecosystème : renforcement des compétences (hommes et femmes) à travers les
formations et le transfert de connaissance, améliorer le mode de vie des populations
bénéficiaires, et son expérience dans le transfert des connaissances, pour bâtir un projet durable
qui doit continuer après la fin du projet.

Le projet, prévu ainsi, sur une durée de 45 mois, est actuellement dans sa phase pilote (15 mois
jusqu’à janvier 2016). Durant toute sa durée, le projet doit répondre à un triple objectif :

– Objectif Business :
o Augmentation des quantités et amélioration de la qualité ce qui induit une
amélioration des revenus sur toute la chaine.

– Objectifs sociaux :
o Création d’emploi et renforcement des compétences de l’ensemble des
partenaires de la chaine, à travers des formations du suivi de proximité.
o renforcement de l’autonomisation et l’émancipation des femmes.
H’lib Dzair et les femmes rurales
Les femmes jouent un rôle important dans les fermes. Elles s’occupent d’une grande partie des
activités (hygiène, traite, alimentation…) mais quand il s’agit de formations d’accompagnement
externes c’est toujours l’homme qui y participe, et le transfert de connaissances aux femmes est
souvent indirect.

En général, les femmes ne participent pas, en cause de contraintes familiales, ou tout
simplement par manque de confiance en soi, en effet, elles considèrent que les activités dans la
ferme ou les activités artisanales sont le prolongement logique des activités domestiques.
Cette interprétation faite par la femme elle-même de son rôle dans l’économie familiale,
conjugue à la nature des critères d’investigation utilisés par l’Office national des statistiques,
explique en partie, le manque d’information sur la contribution réelle à la production agricole et
par la même de la reconnaissance de cette contribution. Aussi la femme rurale est restée en
marge et ne bénéficie pas d’une assistance technique organisée de la part des services d’appui
technique, ni des organisations professionnelles agricoles.

1. Réalisation de la première phase du Projet (phase pilote)
Durant la phase pilote, il a été convenu de réaliser un audit qui nous permettrait d’établir un plan
d’action ciblé. Le challenge du projet, étant de faire bénéficier les femmes de l’appui technique
au même titre que les hommes.
a) Audit femme / Elaboration d’un plan d’action : Pour atteindre cet objectif, nous avons opté à
faire dans un premier temps, une analyse plus profonde du rôle joué, concrètement, par les
femmes appartenant aux exploitations ayant intégré le projet. Ce qui nous permettra de
mieux recenser leurs attentes.
b) Identification d’une association partenaire : Pour permettre aux femmes de s’exprimer
librement, tout en respectant les aspects traditionnels des régions, nous avons opté à mener
ce diagnostic en s’appuyant sur des femmes. Une enquête pilote a été réalisée, dans les
différentes régions d’implémentation du projet, avec l’appui de nos conseillers technique et
les adhérentes de l’Union National des Femmes Algériennes (UNFA), qui a bien voulu
accepter de nous accompagner dans cette démarche.
c) Les premiers résultats de l’audit
– La femme rurale est très occupée par les activités ménagères
– Entraves socioculturelles particulièrement dans le milieu rural, ce qui empêche la femme à
suivre des formations à l’extérieur du foyer surtout en présence d’hommes étrangers
– Dans la société, l’élevage bovin est considéré comme un métier d’homme, donc la
contribution de la femme dans ce créneau n’est pas valorisée.
d) Publication/ communication
Un numéro spécial femme de notre newsletter durant le mois
d’octobre qui a été marqué par trois journées mondiales qui
reflètent le rôle capital que jouent les femmes dans le
développement durable dont la journée mondiale de la femme
rurale ; à travers cette occasion, nous avons voulu, dans cette
édition et à travers les témoignages des conseillers du projet,
rendre hommage à toutes ces femmes à qui on fait souvent de
l’ombre.

2. Plan d’action pour la phase 2
Activité 01 : Sensibiliser et identifier les femmes leaders
– Préparer l’agriculteur et le convaincre de la nécessité de former les femmes de sa famille
(partenaire, mère, sœur, fille) – journées de sensibilisation en coordination avec les
associations locales
– Identifier des femmes leaders et bâtir des actions autour d’elles
Activité 02 : Proposer des formations adaptées aux données socioculturelles
– Préparer des supports de formation adaptés au niveau instructif des femmes
– Renforcement des capacités femmes leaders
– Assurer des formations avec les femmes leaders – en collaboration avec la Chambre
d’agriculture et les associations locales nationales des femmes rurales
– Aborder les thèmes les plus adaptés aux femmes (élevage des jeunes bovins, les
enregistrements, l’hygiène de traite)
Activité 03 : développement de projet pilote de proximité
– Accompagner des projets pilotes assurés par les femmes et pouvant contribuer à
l’amélioration des revenus des fermes, telles que le projet des micros fermes
Exemple d’un projet pilote – création de micro ferme (Projet pilote dans 10 fermes)
L’idée que nous développerons donc ici est l’élaboration d’un modèle d’exploitation de petites
parcelles agricoles. Un modèle qui favorise le développement social, qui valorise le travail par le
renforcement des capacités personnelles, qui soit évidemment viable économiquement tout en
s’inscrivant dans une logique écologique ancrée dans la culture locale et qui sera le lien pour
rejoindre les grandes préoccupations de l’Humanité au XXIème siècle.
Une action pilote a été mise en place dans la région de Kabylie( Tizi Ouzou à 150 km d’Alger) .
Les femmes de cette région disposent de petites parcelles généralement accidentées. Elles
travaillent la terre et produisent des variétés de légumes toute l’année mais malheureusement
par manque de savoir-faire et de moyens, elles n’arrivent pas à assurer un bon rendement
pour subvenir aux besoins de leurs familles et améliorer la productivité de la ferme.

Formation des femmes :
Nous avons identifié 10 fermes qui seront des fermes pilotes, des formateurs
spécialisés seront mobilisés via les associations partenaires, une équipe projet de deux
techniciens qui feront le suivi sur terrain. Les femmes vont bénéficier des formations sur :
 Semis et plant légume
 Vie des sols et fertilité
 Création de serre bioclimatique
 Taille d’arbre
 Diversification et rotation de culture
 Méthodes de transformation de stérilisation et de conservation des aliments
excédentaire

Principaux objectifs :
Contribuer à
 l’émancipation et l’autonomisation de la femme et au développement de
confiance en soi
 la sécurité alimentaire de la famille
 l’améliorer la productivité de la ferme

Facteurs clés de succès :
Engagement des partenaires du projet
Une équipe projet dédiée pour le suivi des activités
Toutes les activités seront à réaliser en coordination avec les associations locales.

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