Cot d*Ivoire: La promotion de l’égalité du genre dans la gestion durable des ressources naturelles

La promotion de l’égalité du genre dans la gestion durable des ressources naturelles à la périphérie du Parc national de Taï en Côte d’Ivoire: Cas des ressources halieutiques du Lac de Buyo et des arbres forestiers alimentaires.

Introduction
Depuis 1993, la Coopération Allemande accompagne
l’Etat de Côte d’Ivoire à travers différents programmes
de conservation de la biodiversité et de développement
local dans le Sud-Ouest du pays. C’est le cas notamment
dans l’« Espace Taï » qui est une aire géographique
constituée du Parc national de Taï (PNT) et sa
zone périphérique.

Le PNT avec 5.360 km² de surface, représente 75% du
couvert forestier primaire de la Cote d’Ivoire et 50% de
la foret primaire originelle d’Afrique de l’Ouest.
La gestion durable des ressources naturelles de la zone
périphérique du PNT est primordiale pour la réduction
des agressions contre ce parc. En effet, la lutte contre
les infiltrations clandestines dans ce Patrimoine Mondial
passe par une disponibilité des ressources naturelles
dans les territoires villageois jouxtant le PNT.
C’est le cas notamment des ressources halieutiques et
des arbres forestiers d’utilité alimentaires entre autres.
La GIZ, accompagne toutes les parties prenantes dans
la mise en place de système de gestion garantissant
l’amélioration des conditions socio-économiques des
populations utilisatrices (Hommes et Femmes) de ces
ressources d’une part et la conservation du PNT d’autre
part.

Contexte initial au regard de l’aspect genre

Dans le système d’exploitation des ressources halieutiquesdu Lac de Buyo et des arbres forestiers d’utilité
alimentaires, les femmes jouent un rôle prépondérant.
Concernant l’exploitation des ressources halieutiques
du Lac de Buyo, le principal rôle joué par les femmes,
dans les pêches artisanales, a lieu aux stades de la transformation
et de la commercialisation, où elles sont très actives.
Elles constituent le principal canal d’écoulement
du produit de la pêche (poissons frais
ou fumée) vers les marchés locaux. Les
Hommes s’occupent principalement de l’activité
pêche notamment pour ce qui est de la capture des poissons
sur des embarcations ou non.
Au niveau de l’exploitation des arbres forestiers utiles,
les femmes interviennent pour la plupart du temps dans
le ramassage des fruits, leur traitement pour l’extraction
d’amandes alimentaires et la commercialisation. Bien
que s’adonnant quelques rares fois à l’activité de collecte
de fruits, les Hommes sont essentiellement des
producteurs c’est-à-dire des propriétaires des semenciers
en production on non se trouvant dans leurs parcelles
agricoles ou leurs jachères.
Fort d’un tel contexte où le rôle joué par les Hommes
et les Femmes dans l’exploitation de ces deux ressources
restent complémentaires, entrevoir la gestion
durable des ressources halieutiques du Lac de Buyo et
des arbres forestiers d’utilité alimentaires, ne pouvait se
faire qu’en traitant sur le même pieds d’égalité les
Hommes et les Femmes.
Le concours genre 2018 de la GIZ est donc une opportunité
pour nous de partager notre expérience dans
la promotion de légalité du genre pour ce qui concerne
la gestion durable des ressources précédemment citées.

Objectif du présent document
Il s’agit ici de présenter les différents processus de gestion durable des ressources
halieutiques du Lac de Buyo et des arbres forestiers d’utilité alimentaires selon les
critères d’évaluation du concours genre 2018 de la GIZ:
la promotion de l’égalité de genre ;
la prise en compte du genre en tant que critère de qualité de notre travail ;
le genre et le suivi axé sur les résultats;
et la coopération.
La promotion de l’égalité des chances dans les processus de gestion durable
des ressources halieutiques du Lac de Buyo et des arbres forestiers d’utilité
alimentaires.
Dans les deux cas, les femmes, les Hommes, les jeunes et adultes ont pris part aux
différentes étapes réalisées. Tous ont participé aux séances de sensibilisation, de
formation et aux diagnostics participatifs. Pour ce qui est du processus de gestion
durable des ressources halieutiques du Lac de Buyo, les Femmes, à travers l’association
des mareyeuses et vendeuses de poisson de Buyo, sont également signataires de
la convention locale mise en place. En agissant ainsi, la GIZ/PROFIAB et ses partenaires
entendent ne pas mener le processus de développement durable en marginalisant
les femmes mais bien au contraire en les associant à l’identification des problèmes
mais surtout en les intégrant dans l’appareil de prise décision et d’oriention
identifié.
L’un des succès indéniables dans le processus de gestion durable des ressources
halieutiques du Lac de Buyo, est d’avoir permis de faciliter les échanges intra-genre
et inter-genre à travers la création légale, par les acteurs de base, d’associations de
pêcheurs d’une part et de l’association des mareyeuses et vendeuses de poisson de
Buyo d’autre part. L’association des mareyeuses comptait 31 membres à sa création.
Elle en compte actuellement 65 membres. La mise en place de cette association
contribuera à résoudre de nombreuses difficultés d’ordres socio-économiques audelà
même de ses membres au vu des objectifs qu’elle s’est fixée dont notamment:
 la collecte, le conditionnement et la commercialisation des produits de pêche
de ses membres.;
la satisfaction des aspirations économiques et sociales de ses membres;
la satisfaction des besoins du marché local;
l’approvisionnement régulier des marchés des villages riverains du Parc national
de Taï en vue réduire les pressions liées au braconnage.
Concernant le processus de convention locale pour la gestion durable des arbres
forestiers utiles dans la zone riveraine du Parc national de Taï, la GIZ/PROFIAB
avec les partenaires et les populations elles-mêmes ont privilégié la mise en place
d’associations regroupant à la fois les Hommes et les Femmes. Cette configuration
se démarque du processus Lac de Buyo au regard des contextes différents liés au
système d’exploitation des ressources en jeu. La promotion de l’égalité du genre est
donc adaptée en fonction du contexte de la ressource naturelle à gérer durablement.
La prise en compte du genre en tant que critère de qualité de notre travail
Au-delà des remerciements et félicitations exprimés par nos partenaires , l’une des
satisfactions réside dans l’interpellation, par les autorités administratives de Buyo,
des Hommes qui sont propriétaires des parcelles agricoles, à autoriser et appuyer
leurs épouses, soeurs et filles à planter des espèces forestières alimentaires.
En outre, le fait que ces autorités lors de séances publiques véhiculent des messages
sur l’indépendance financière des Femmes vis-à-vis des Hommes à travers l’exploitation
des arbres forestiers utiles, est également une satisfaction pour la GIZ/
PROFIAB et l’ensemble des partenaires impliqués dans le processus. Le « combat »
pour la lutte contre la pauvreté des Femmes est ainsi promu.

Le genre et le suivi axé sur les résultats

Le genre est une préoccupation dans l’intervention du PROFIAB II pour la
gestion durable des ressources naturelles à la périphérie du Parc national de Taï.
Pour preuve, dans le plan opérationnel de la seconde phase du Programme de Développement
des Espaces Economiques et Naturels Taï et Comoé (PROFIAB II) de
la GIZ, un des indicateurs promeut l’approche genre dans son libellé. Il mentionne
notamment que « le Gestionnaire du Parc national de Taï conclut deux contrats
ou accords (dont un avec des groupements de femmes) afin de règlementer
l’utilisation des produits forestiers nonligneux par la population riveraine ».
Cet indicateur, tout comme les autres indicateurs font l’objet de vérification périodique
par le Chargé suivi-évaluation du PFIAB II de l’Espace Taï. La vérification
s’opère à l’aide d’un questionnaire à renseigner chaque trimestre.

La coopération

L’exploitation des ressources naturelles par les Hommes et Femmes à la périphérie
du Parc national de Taï que sont les arbres forestiers et le poisson impliquent
une diversité d’acteurs. Cette diversité d’acteurs est d’ailleurs reflétée
dans la cartographie des différentes chaines de valeur ajoutée. Ce sont notamment:
Les acteurs de base (pêcheurs, mareyeuses, ramasseuses de fruits,
commerçantes de produits issus des Fruits);
Les structures techniques (Office Ivoirien des Parcs et Réserves, les
Ministères chargés des ressources halieutiques, de l’Agriculture et des Eaux et Forêts)
Les autorités administratives du Département de Buyo;
Les Collectivités locales (Mairie de Buyo et Conseil Régional de la Nawa);
ONG locale (Conservation Taï).

 

L’ensemble de ces partenaires avec l’appui de la GIZ/PROFIAB ont oeuvré
et oeuvrent encore pour le bien-être des Hommes et Femmes du Département
de Buyo actifs dans l’exploitation des ressources halieutiques et des
arbres forestiers alimentaires. La bonne compréhension et l’adhésion
des différents acteurs à la mise en oeuvre d’initiatives favorisant la conservation
du Parc national de Taï et l’améliorations des revenus des populations
riveraines Hommes et Femmes y compris ont permis de développer cette
approche ne marginalisant personne. Le processus demeure véritablement
inclusif.

Conclusion

En définitive, Il faut donc retenir que l’intégration de l’approche genre dans
les interventions du PROFIAB II de la GIZ en Côte d’Ivoire est une réalité.
Aussi, la GIZ et l’ensemble de ses partenaires ont compris la nécessité de ne
pas renforcer la disparité entre Hommes et Femmes à travers leur appui.
Le respect de cette approche inclusive sera le gage de la réussite pour
toute action de gestion durable des ressources naturelles dans l’Espace Taï
ou ailleurs.

Documents disponibles:
 Convention locale pour une gestion
durable des ressources du Lac de Buyo et
du Parc national de Taï. 2017.
 Rapport d’étude « Etude pour la promotion
de la chaîne de valeur ajoutée de trois
fruitiers forestiers exploités par les populations
riveraines du Parc national Taï. »,
2016.
Rapport d’étude « Evaluation du rôle de
la femme dans la préservation de la biodiversité
dans l’espace Taï. », 2015.

Auteurs:
 ZABOUO Armand Aimé, Conseiller
Régional Chargé des Mesures Riveraines
Espace Taï, GIZ/PROFIAB II.
Tél: 0022579115790.
Email: armand.zabouo@giz.de
 SANOGO Issoufou, Conseiller Régional
Chargé des Mesures Riveraines Espace
Comoé, GIZ/PROFIAB II.
Tél: 0022547500505
Email: issoufou.sanogo@giz.de

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