Tunisia: Promotion des groupements féminins pour la sécurité alimentaire et la génération de revenus en Tunisie (PFR)

Contexte de la mesure
En Tunisie, les femmes assument une part très importante des tâches dans l’agriculture, l’élevage
ainsi que dans la transformation des produits agricoles, en dépit de cela, elles restent désavantagées
par rapport aux hommes notamment en ce qui concerne leur accès et contrôle des ressources, leur
participation à la prise de décisions au niveau de leur localités et les opportunités qui s’offrent à elles
de prendre part à la vie économique. En effet, les femmes travaillant dans le secteur agricole
interviennent essentiellement en tant qu’aides familiales, et leur contribution n’est ainsi ni
rémunérée, ni valorisée, ni visible.

Pour pallier à cette situation, le projet pour la «Promotion d’une Agriculture durable et du
Développement rural en Tunisie- PAD » de la GIZ en partenariat avec le Ministère de l’agriculture,
des ressources hydrauliques et de la pêche tunisien a initié une mesure portant sur la « Promotion
des groupements féminins pour la sécurité alimentaire et la génération de revenus en Tunisie »
ciblant les régions du Nord-Ouest et du Centre-Ouest tunisien comme régions les plus défavorisées
du pays.

Cette mesure a été initiée grâce à l’appui du programme régional pour la «Promotion du rôle des
Femmes au Maghreb », mandaté par le Ministère fédéral allemand de la Coopération économique et
du Développement (BMZ).

Objectifs et réalisations
La mesure « Promotion des groupements féminins pour la sécurité alimentaire et la génération de
revenus en Tunisie » a pour objectif d’améliorer les opportunités de participation des femmes dans
les groupements en milieu rural pour le développement durable et l’alimentation saine.
7 groupements féminins ont été sélectionnés dans 4 gouvernorats (Kasserine, Kairouan, el Kef et Béja
et font bénéficier plus de 100 femmes, Cette mesure, par les activités de sensibilisation
programmées ainsi que par les projets communautaires qui seront mis en œuvre bénéficieraient
également aux familles des femmes bénéficiaires, ce qui représente un potentiel d’au moins 100
enfants des deux sexes et d’au moins une vingtaine d’hommes.

Des ateliers de planification ont été menés à l’échelle locale avec chacun des groupements féminins
sélectionnés, afin d’établir un plan de renforcement des capacités de ces groupements et de leurs
membres et pour identifier des idées de projets économiques qui seront mis en œuvre par les
groupements féminins en lien avec l’agriculture durable ce afin d’améliorer d’une part les revenus
des femmes mais également pour garantir une nourriture saine et équilibrée aux familles vivant en
milieu rural.

Par ailleurs, durant les ateliers des projets sociaux ou écologiques à mettre en œuvre au niveau local
ont pu être identifiés. Il s’agit de projets communautaires devant bénéficier aux femmes et leurs
communautés, et qui contribuent à améliorer l’environnement dans lequel évoluent les femmes des
groupements. Parmi les projets retenus, il y a par exemple la création d’espaces culturels et sportifs
qui offrent aux femmes en premier lieu, mais aussi aux enfants et aux hommes de la communauté,
l’opportunité d’exercer des activités culturelles ou sportives dans des régions qui ne disposent
actuellement d’aucune infrastructure de ce type

Approches développées par la mesure :
Une approche participative a été adoptée où tout un processus décisionnel est engagé pour
que les femmes puissent choisir d’une manière démocratique leurs projets a été adoptée, faisant en
sorte de s’adapter à leur vécu (les enfants en bas âge accompagnent les femmes) et les hommes
étaient présents dans la plupart des ateliers comme observateurs ou comme acteurs actifs sans pour
autant influencer la décision ( voir ci-après les photos illustrant la présence des enfants et de
hommes dans un atelier à la délégation de Sbikha-Gouvernorat de Kairouan)
La mesure contribue à la réduction des inégalités entre les femmes et les hommes dans le secteur de
l’agriculture en Tunisie. En renforçant les capacités des groupements féminins, la mesure pourra
contribuer à améliorer leurs opportunités de participation dans l’agriculture et la sécurité
alimentaire, tout en renforçant la position des femmes au sein de leurs communautés.

Une attention particulière a été apportée pour que la mesure se base sur les besoins et les intérêts
des femmes et des communautés locales afin de pouvoir contribuer de manière efficace et durable à
l’amélioration de leurs conditions de vie et de leur position sociale ce qui a favorisé la consolidation
d’une relation basée sur la confiance mutuelle.

Cette relation de partenariat entre l’équipe en charge d’appuyer la mesure et la population ciblée
par les différentes actions a été renforcée par la mobilisation de différents acteurs (associations
intervenant dans les régions en question, Ministère de l’agriculture et organismes sous tutelle,
Ministère de la santé, Ministère de la femme, Ministère de l’éducation, représentant(e)s du secteur
privé…).

Une approche collaborative : entre les différentes parties prenantes a permis aux
groupements d’être mis en contact avec les différents décideurs et d’élargir leur réseau de
connaissance dans l’administration mais également dans la société civile et a permis d’initier des
activités pour une meilleure égalité des chances entre les sexes dans les zones d’intervention.

L’initiative a ainsi joué le rôle de plaidoyer pour passer le message quant à l’importance d
‘application d’une approche basée sur le genre dans l’action du développement.
Une nouvelle orientation a été lancée dans le traitement des projets à l’égard des femmes rurales qui
s’est démarquée de l’approche classique soutenue par des institutions et des associations
spécialisées dans les dossiers femmes qui donne le plus souvent lieu à une approche unilatérale ou
bien par le des projets d’agriculture qui tentent de considérer les femmes comme mains d’œuvre
actives et pas comme acteurs clés de développement de leurs zones.

La démarche convenue avec les acteurs des différentes régions (hommes et femmes) permettrait
l’amélioration de l’accès aux ressources, aux financements et aux opportunités de renforcement des
capacités et faciliterait l’accès des femmes aux marchés de commercialisation des produits issus de
l’agriculture, et de fait, leurs revenus. Toutefois, ces groupements se caractérisent de manière
générale par de faibles capacités organisationnelles, matérielles et techniques qui entravent
l’atteinte de leurs objectifs.

Une démarche effectuale : permet de choisir les actions et les projets à mettre en œuvre
selon les capacités réelles des groupes de femmes tout en offrant aux hommes qui désirent prendre
part aux activités l’opportunité d’y participer.
Jusqu’à présent les activités suivantes ont été réalisées en concertation étroite avec la population
(hommes et femmes mais également les enfants et jeunes des deux sexes)

– 120 femmes et hommes ont été formés en entrepreneuriat en milieu rural avec la démarche
de l’approche B/U/S
– 120 femmes et hommes ont bénéficié de séances de sensibilisation quant à la nourriture
saine et équilibrée
– 7 projets socio-environnementaux ont été choisis et préparés par les femmes
– 12 idées d’affaires ont été préparées et retenues par les femmes
– Le partenaire national montre un grand engagement pour l’adoption de l’approche du projet
développée conjointementNb : le taux de participation des hommes ne dépassent pas les 5%, vu la nature du projet
D’ici la fin de la mesure
– 7 ateliers en matière de renforcement des capacités de montage et de gestion des structures
professionnelle viables seront tenus
– Au moins 10 business modèles des idées choisies par les groupements seront préparés
– Au moins 5 projets économiques vont être financés
– 7 projets seront présentés aux institutions de microfinances ou autres
– 7 projets socio-environnementaux vont être mis en œuvre par les associations au profit des
communautés rurales.
– Un livre de cuisine valorisant le savoir-faire ancestral des femmes, la richesse des régions
rurale en matière de produits pouvant garantir une nourriture saine et équilibrée sera
produit

Les résultats attendus
– Une meilleure reconnaissance du travail des femmes rurales dans les zones défavorisées
– Une alimentation équilibrée basée sur les repas traditionnels et sur les plantes et plantations
issues des régions d’intervention
– Une meilleure adéquation du budget- temps des femmes agricultrices
– Les femmes, les hommes et les enfants ont des espaces qui garantissent leur bien-être
– Les femmes développent des projets économiques en commun en tenant compte des formes
de discrimination (violence fondée sur le genre,…)
– Doter les partenaires nationaux et d’autres projets de la giz d’une approche pragmatique
basée sur la prise en compte des inégalités genre dans tout le cycle de projet (planification,
suivi et évaluation)
– Contribuer à valoriser le travail des femmes rurales dans l’informel et le rendre plus visible
(le taux étant de 57,9% selon l’étude profil genre de la Tunisie 2014).

Appuyons les femmes pour la construction de leur projet de vie

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